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BORDERS FORUM : le programme, l'ouverture des inscriptions, et la parole aux premiers intervenants !

Mars 2022

BORDERS FORUM : le programme, l'ouverture des inscriptions, et la parole aux premiers intervenants !

Chaque mois jusqu'en juin, la MOT donne la parole aux intervenants du Borders Forum sur un thème qui sera au centre des débats.

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Ce mois-ci la parole à Christian Dupessey, président de la MOT, maire d'Annemasse,  président du Pôle métropolitain du Genevois français, et à Karl-Heinz Lambertz, président du Parlement de la Communauté germanophone de Belgique, président de l'Association des Régions Frontalières Européennes (ARFE), sur le sujet du co-développement transfrontalier.

Que représentent pour vous les territoires transfrontaliers ?


Christian Dupessey : Ce sont de véritables bassins de vie en commun. La frontière ne doit pas séparer ou empêcher, elle doit au contraire favoriser les relations de travail, les déplacements en transport en commun, la lutte contre la délinquance, l’émergence d’une politique culturelle transfrontalière ou la vie sentimentale et familiale. Ce sont aussi des territoires d’expérimentations et d’intégration continentale au service de la paix, en Europe ou ailleurs.

Karl-Heinz Lambertz :
C’est mon bassin de vie personnel depuis 70 ans. J’y exerce des responsabilités politiques depuis plus de 40 ans. Pour moi, ils constituent un véritable laboratoire et un puissant moteur pour l’intégration européenne dont notre continent a tellement besoin, aujourd’hui et demain encore plus qu'hier.

Quels sont les enjeux prioritaires au sein des bassins d’emploi transfrontaliers en matière de relance économique, dans un contexte post-Covid 19?


Christian Dupessey : L’enjeu principal sur le territoire du Grand Genève est de pérenniser les dispositions prises pour l’encadrement du télétravail pour les frontaliers. La MOT a partagé son expertise en la matière pendant la pandémie et continuera de le faire. Il faut aussi parvenir à trouver de nouveaux équilibres dans ses bassins en ce qui concerne la formation et les filières d’emploi. Nous ne pouvons plus continuer comme avant. Si je prends l’exemple sur notre frontière des personnels soignants, la France ne peut plus assumer la grande majorité de la formation sans pouvoir bénéficier de ces professionnels dans ses propres hôpitaux parce qu’ils sont débauchés de l’autre côté de la frontière. Dans l’hôtellerie, tout le monde bénéficiera de la relance économique seulement si elle permet de rééquilibrer la répartition des emplois.


Le Grand Genève est une agglomération transfrontalière de plus d'1M d'habitants située à cheval entre l'Ain, la Haute Savoie (France), le Canton de Genève et le District de Nyon (Suisse). Pour répondre à l'augmentation constante des flux de frontaliers (plus de 90 000 travailleurs frontaliers fin 2020 dans le Canton de Genève), les acteurs français et suisses coopèrent sur des projets structurants, à l'exemple du Léman Express, premier RER transfrontalier franco-suisse mis en service en 2019, ou encore la voie verte transfrontalière reliant Annemasse et Genève. Pendant la crise le recours au télétravail pour les frontaliers a constitué une réponse aux problèmes suscités par la fermeture de frontières.



Karl-Heinz Lambertz :
Malgré les efforts considérables déployés depuis des décennies pour faciliter la mobilité transfrontalière en matière d’emploi et de développement économique, la crise du covid-19 a déclenché un réflexe immédiat de fermeture des frontières de la part des États. Ce n’est que peu à peu que la vapeur a pu être renversée. Il est indispensable de mettre les bassins transfrontaliers à l’abri des conséquences néfastes de ce reflexe et de les rendre résilients à ce genre de réactions afin de consolider durablement la cohésion européenne le long des frontières nationales.

Qu’attendez-vous du Borders Forum 2022 ?


Christian Dupessey : Qu’il prolonge la réflexion et le travail initié lors de la première édition, qui fut une réussite. Qu’il souligne encore plus le rôle du respect des frontières qui rassemblent pour assurer la paix, au moment où nous exprimons notre solidarité avec l’Ukraine. Réunir les acteurs locaux, nationaux et européens pendant deux jours permet certes de partager nos expériences, mais aussi d’ouvrir un nouveau chapitre transfrontalier qui tirera, je l’espère, les leçons de la pandémie. La présidence française du Conseil de l’Union européenne doit nous permettre de faire entendre l’importance des enjeux transfrontaliers qui doivent être intégrés dans l’élaboration des politiques publiques françaises et communautaires. Beaucoup de travail reste à faire ; rendez-vous donc à Paris et en ligne les 21 et 22 juin !

Karl-Heinz Lambertz : Le Borders Forum constitue une excellente opportunité de faire entendre la voix des régions frontalières, de les placer au centre de l’actualité européenne et de formuler un message fort à un moment décisif de l’évolution de l’Union européenne. C’est aussi une belle occasion de faire découvrir la valeur ajoutée de la coopération renforcée entre la MOT, le CESCI et l'ARFE basée sur la déclaration de Strasbourg du 7 octobre 2021.

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